Comment travailler le coeur de l'enfant pour former en lui un coeur obéissant (1ère partie)

Publié le par heureusemaman

 

Préambule : pensée reçue du Seigneur alors que je réfléchissais une fois de plus à ce thème : Le mot discipline est de la même famille que celui de disciple. Le mot discipliner peut donc être compris dans le sens de faire des disciples. Or les disciples sont toujours disciples de quelqu'un. Dans la situation qui nous intéresse ici, discipliner nos enfants implique ni plus ni moins qu'ils deviennent nos disciples. Ce qui nous renvoie à la notion de modèle : nos enfants ne seront que difficilement autres que ce que nous sommes. Une juste discipline, une discipline efficace pour nos enfants implique de facto et de manière incontournable que nous soyons pour eux des modèles. Ce mot nous renvoie donc en tout premier lieu à nous-mêmes : quel modèle suis-je pour mes enfants ? Quel héritage leur transmets-je que j'ai moi-même reçu de mes propres parents, de la culture dans laquelle je vis, de ce que je comprends de la Parole de Dieu sur ce sujet ? Dans cette logique, la discipline de nos enfants commence finalement par nous-mêmes, attire d'abord notre regard sur ce que nous sommes et transmettons plutôt que sur les comportements de nos enfants. Ceux-ci ne sont souvent d'ailleurs que nos propres miroirs !

 

 

 

Introduction :

 

Je vais commencer par établir une nette distinction entre la signification des mots obéissance et discipline :

 

* La discipline, - au sens étymologique, c'est l'action d'instruire

 

cf Proverbes 22 : '' Instruis l'enfants dans la voie qu'il doit suivre. ''

 

                            - au sens courant, c'est un ensemble de règles et d'obligations.

 

 

 

* L'obéissance, - au sens étymologique et en hébreu ancien (donc dans la Bible), est de la même famille que le mot écoute.

 

                             - au sens courant, il s'agit de la soumission à la volonté de quelqu'un.

 

 

 

Pour cette fois-ci, c'est le sens courant de discipline que je retiens, et le sens biblique de soumission.

Je vais essayer de développer une conception biblique de celle-ci dans la première partie de ma réflexion.

 

 

Première partie : une conception biblique de l'obéissance :

 

 

Tout d'abord, c'est un simple rappel et une évidence pour tous je l'espère : l'obéissance est quelque chose de normalement attendu de la part de l'adulte vis-à-vis de l'enfant (quand je parle à mon enfant, je veux qu'il m'écoute) et un commandement de Dieu à leur égard :

 

'' Vous, enfants, obéissez à vos parents … car c'est là ce qui est juste. ''

Ephésiens 6 : 1

 

'' Enfants, obéissez à vos parents en toutes choses, c'est ainsi que vous ferez plaisir au Seigneur. '' Colossiens 3 : 20

 

Dieu étant un Dieu d'équilibre et bien conscients de nos faiblesses, donne toutefois une protection à nos enfants en nous indiquant une limite et un repère :

 

'' N'exaspérez pas vos enfants, mais élevez-les en les éduquant et en les conseillant d'une manière conforme à la volonté du Seigneur. ''

Ephésiens 6 : 4

(nous reviendrons sur ce verset plus loin)

 

 

 

Ensuite, dans la Bible, celui qui obéit est celui qui écoute, qui agit et réagit à la voix et non à la sanction. C'est toute la signification du ''Shéma Israël '' ( '' écoute Israël '' ) développée dans l'Ancien Testament, et, plus particulièrement, dans le Deutéronome et les prophètes. Ecouter signifie obéir, et c'est bien comme tel que nous interpellons nos enfants lorsque nous recherchons leur obéissance ( '' écoute … ! '' ). Autrement dit, l'écoute est indispensable à l'exercice de l'autorité. Si nous ne sommes pas certains d'avoir l'écoute de l'enfant au moment où nous exigeons quelque chose de lui, nous ne pouvons pas nous attendre à une réaction d'obéissance.

Mais encore, plus profondément que cela, l'écoute biblique doit être une écoute de coeur, celui-ci représentant dans la Bible le centre décisif de l'être intérieur de la personne, c'est-à-dire le siège de ses sentiments certes, mais aussi et surtout, le siège de son intelligence, de sa raison, de sa volonté, de sa mémoire et de son cerveau. Pour illustrer cela, je vais me référer à quelques passages :

 

* L'histoire de Pharaon dans le livre de l'Exode :

 

Pharaon refuse d'obéir à Dieu et de laisser partir les Egyptiens à cause de son coeur endurci :

 

'' Pharaon, obstiné, refusa de les écouter. ''

Exode 7 : 13

'' L'Eternel rendit obstiné le coeur de Pharaon qui ne laissa pas partir les Isarélites. ''

Exode 10 : 20 et 27 et 11 : 10.

 

* Tous les commandements de Dieu dans le livre du Deutéronome principalement :

 

L'impératif '' écoute ! '' introduit la nécessité d'aimer :

 

'' Ecoute Israël, l'Eternel est notre Dieu …

Tu aimeras l'Eternel ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée.

Que ces commandements que Je te donne aujourd'hui restent gravés dans ton coeur. ''

Deutéronome 6 : 4 à 6

 

Le lien est ici clairement formulé entre les notions de coeur, d'écoute et d'obéissance et cela nous permet de mieux comprendre une autre expression biblique largement développée en rapport avec l'obéissance :

 

* '' La circoncision du coeur. '' :

 

'' Opérez donc aussi une circoncision dans votre coeur et ne vous rebellez plus contre l'Eternel. '' Deutéronome 10 : 16

'' L'Eternel votre Dieu vous circoncira le coeur et celui de vos descendants pour que vous l'aimiez de tout votre coeur et de tout votre être. ''

Deutéronome 30 :6

 

Autrement dit, pas d'obéissance sans écoute et / ou sans amour et / ou sans un coeur bien disposé.

 

* Les Proverbes :

 

'' mon fils,.. soumets ton coeur . '' (2 : 2)

 

'' Mon fils, … que ton coeur retienne mes commandements. '' (3 : 1)

 

'' Ecoutez, mes enfants, l'instruction d'un père … Mon père m' a enseigné et m'a dit :

' que ton coeur retienne mes paroles, obéis à mes commandements et tu vivras; '' (4 :4)

 

'' Mon fils ... ne perds pas de vue mes conseils. Garde – les au fond de ton coeur. '' ( 4 : 20 – 21)

 

Voir aussi Proverbes 4 : 23, 6 : 20 et 21, 7 : 1 à 3, 22 : 15.

 

 

* Dans le Nouveau Testament :

 

Les bonnes et mauvaises attitudes, les bonnes et les mauvaises paroles, autrement dit l'obéissance et la désobéissance de l'enfant, viennent aussi du coeur. Le Seigneur est très clair et sans compromis à ce sujet :

 

Nous pourrions reprendre Matthieu 12 : 34, 15 : 19 et Luc 6 : 45 en les adaptant ainsi aux enfants :

 

'' Comment les enfants peuvent-ils tenir des propos corrects , alors que leur coeur est désobéissant ? … Car c'est de leur coeur que proviennent les mauvaises pensées qui mènent aux paroles et aux jeux mauvais, malsains et immoraux, au racket, aux mensonges, au manque de respect envers Dieu et à la désobéissance aux adultes. ''

 

 

Nous comprennons donc bien, au travers de ces quelques exemples de la Parole de Dieu, que celui qui obéit est celui qui écoute, non avec ses oreilles seulement mais aussi et surtout avec son coeur. Bibliquement, il est impossible de séparer les 3 termes. Mais cela comprend aussi une mise en garde pour nous parents : nous devons travailler à développer dans le coeur des enfants des attitudes de soumission qui soient de REELLES attitudes de coeur envers nous et envers Dieu et non des attitudes de façade, par crainte de représailles ou pour obtenir une récompense. C'est là un véritable défi quotidien ! Les enfants qui se soumettent de coeur sont généralement des enfants obéissants en tous lieux et en face de n'importe quel adulte. Les enfants qui se soumettent en apparence sont la plupart du temps des enfants qui peuvent être exemplaires en présence de leurs parents et impossible en dehors de cette présence, ou exemplaires en classe (par exemple) et détestables à la maison. Autrement dit,

 

un enfant soumis à la discipline n'est pas nécessairement un enfant obéissant :

nous revenons là à la distinction de départ entre obéissance et discipline.

 

C'est pourquoi, dans la seconde partie, je ne donnerai pas de méthode disciplinaire (tout au plus quelques pistes ). Je vais plutôt montrer comment travailler en amont en donnant quelques bases pour former dans l'enfant un coeur obéissant – un coeur d'enfant qui apprend à écouter l'adulte parce qu'il se sent aimé de lui et, donc, l'aime et le respecte en retour.

Je suis d'ailleurs profondément convaincue, même si cela peut sembler inconcevable à certaines, que l'on peut avoir un enfant obéissant avec un minimum de discipline si l'on parvient à former son coeur d'une manière qui ne l'irrite pas, ne l'exaspère pas, comme nous le recommande Dieu en Ephésiens 6 : 4. C'est en tous cas mon vécu de maman, mais aussi celui d'autres parents. Et pour supporter les jours difficiles rappelons-nous que Jésus lui-même, bien que Fils de Dieu, a été pleinement homme, et donc enfant pour commencer, et qu'il a malgré tout dû aussi apprendre l'obéissance :

 

'' Il mangera de la crème et du lait, jusqu'à ce qu 'il apprenne à rejeter le mal et à choisir le bien. ''

Esaïe 7 : 15

 

'' Il a appris l'obéissance. ''

Hébreux 3 : 8

 

Publié dans Education chrétienne

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