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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 12:56

 

'' L’enfant grandit et fut sevré,

Abraham fit un grand festin le jour où Isaac fut sevré.''

Genèse 21 :8 (TOB)

 

 

Dans les temps bibliques, le sevrage était l’occasion d’une fête parce que cela signifiait que l’enfant avait réussi à survivre jusqu’à l’âge où ses défenses immunitaires étaient devenues suffisamment importantes et résistantes pour qu’il puisse continuer de vivre malgré les maladies et le manque d’hygiène lié à la vie de l’époque. Cela signifiait aussi et surtout qu’il entrait dans une nouvelle étape de son développement. En effet, '' les hébreux disposaient de plusieurs mots pour définir les différents stades de croissance. Les enfants en bas âges étaient appelés « nourrissons » tant qu’ils étaient nourris au sein. Puis on les appelait « sevrés »; c’était une étape importante de leur vie. Un peu plus tard, les hébreux disaient qu’ils « faisaient de petits pas rapides »… La première période allait de la naissance à trente jours, la seconde d’un mois à cinq ans…'' (cf La vie quotidienne dans les temps bibliques, Merril C.)  

Voir aussi Lévitique 27: 1 à 8 où les cinq étapes de la vie humaine sont citées.

 

Mais, plus que l’âge ou le moment du sevrage, ce qui compte ici c’est l’art et la manière de sevrer :loin d’être un combat entre le bébé et sa maman ou la fin d’une période émouvante (ou éprouvante) pour celle-ci, le sevrage est une fête, c’est-à-dire un événement joyeux, qui concerne l’ensemble de la famille. Tout le monde participe activement et avec bonheur à ce moment-là. C’est précisément sous cet aspect là que nous voulons nous attacher à considérer le sevrage dans le contexte qui est le nôtre, à savoir celui de l’allaitement pris non seulement comme mode alimentaire mais aussi comme style de maternage (d’éducation) de son enfant.Il ne sera donc pas question ici de durée d’allaitement car il ne s’agit pas de se forcer à accomplir des prouesses dans ce domaine-là. Nous rappelons simplement que sevrer signifie, selon le dictionnaire, '' cesser progressivement d’allaiter, d’alimenter en lait un enfant, pour donner une nourriture plus solide ''. L’O.M.S. et l’U.N.I.C.E.F préconisent d’ailleurs un allaitement complet d’au moins six mois avec ensuite introduction de solides et poursuite de l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans environ . Ce qui ne signifie pas qu’il faut se forcer à allaiter ou forcer le bébé à téter jusqu’à l’âge de deux ans ou –à l’inverse- qu’il faut obliger à se sevrer un enfant de deux ans qui a encore besoin de téter !

 

Le sevrage naturel :

 

Il est le sevrage idéal car progressif et décidé par l’enfant lui-même au fur et à mesure qu’il gagne en maturité et en autonomie. N’oublions pas que l’allaitement comble des besoins émotifs profonds et que pour l’enfant téter est synonyme d’aimer et d’être aimé. Plus l’enfant grandit, plus cet aspect de l’allaitement prédomine sur l’aspect nutritif et, lorsque le bambin de 3 ou 4 ans tète encore, ce n’est plus vraiment parce qu’il a faim, mais parce qu’il a besoin de se sentir rassuré et sécurisé, de faire une pause dans ses activités et le plein d’amour pour mieux repartir ensuite vers de nouvelles explorations. Autrement dit, ce que l’enfant nourri au biberon fait avec son doudou ou sa tétine, l’enfant allaité le fait avec le sein de sa maman. Cela peut paraître, dans notre culture, choquant et malsain car le sein est d’avantage considéré dans son aspect sexuel que dans son aspect maternel, mais c’est notre regard d’adulte qui voit les choses ainsi et les déforme. En effet, cela ne dérange généralement personne de voir un enfant de 4 ou 5 ans s’isoler avec sa tétine et son doudou – des objets – pour se réconforter tout seul, alors qu’on crie au scandale et à la perversité lorsqu’un enfant de même âge recherche la chaleur et le sein de sa maman pour la même raison (Cf. l’article paru dans Mothering (To wean or not to wean, Kelly Griffith), nov-dec 1999. Selon lequel, l’âge biologique du sevrage du petit homme se situe au minimum à 2 ans ½ et au maximum entre 6 et 7 ans.)Pour ma part, c’est plutôt la première attitude qui retient mon attention car cet enfant-là a déjà appris à intégrer les rudiments de base de notre société hypermatérialiste : c’est auprès des biens matériels que l’on est censé trouver le bonheur et le bien être, c’est dans la relation à l’objet plutôt que dans la relation à l’être que l’on s’épanouit. Je me suis d’ailleurs souvent demandé, si la dépendance à la cigarette n’était pas, dans son aspect psychologique et inconscient, le prolongement logique de la dépendance à la tétine, permettant à l’adulte de continuer à combler le besoin d’être rassuré, de se sentir bien et paisible, en ayant quelque chose dans la bouche, plutôt qu’au travers de relations humaines solides, fondées sur le respect et l’amitié, l’écoute et la confiance (Le Figaro du 22 avril 1996 reprend une étude anglaise publiée dans le Lancet (1996, 347, 1072-75) selon laquelle la tétine, de par son impact soporifique sur l’enfant, pourrait induire une moindre stimulation sensorielle, et rendre les enfants plus indifférents à leur environnement. D’où une très forte corrélation négative entre l’utilisation d’une tétine et le développement intellectuel…)

Autrement dit, il me semble infiniment plus bénéfique et plus sain pour les relations humaines dans leur ensemble – et pour la relation mère-enfant en particulier– que le bambin se console et se réconforte au travers d’une tétée plutôt qu’avec un objet, aussi magnifique soit-il. Comprendre cette attitude, l’accepter et la respecter chez les autres, la mettre soi-même en pratique, c’est indirectement éduquer et transmettre un certain nombres de valeurs, notamment celles de l’importance des relations humaines et de la valeur de la personne en général.

 

De plus l’allaitement long qu’induit généralement ce type de sevrage comporte des aspects pratiques bien utiles dans certaines situations, '' l’allaitement rendant la tâche de la mère plus facile, pas plus difficile '' (Norma Jane Bumgarner, Le bambin et l’allaitement).

Ainsi, en plus de toutes les situations où nous pouvons constater avec émerveillement l’étonnant pouvoir calmant du sein lorsque l’enfant est épuisé, de mauvaise humeur, frustré, en colère ou légèrement blessé, il est beaucoup plus pratique (ce n’est qu’un exemple parmi d’autres) de voyager ou d’improviser avec un enfant qui tète encore : cela limite le volume des affaires à transporter et permet de ne pas s’affoler en cas d’imprévus, surtout si nous nous trouvons dans des pays lointains où la qualité de l’eau n’est pas toujours égale à la nôtre ou la chaleur trop élevée pour permettre une bonne conservation des biberons. Enfin, notons encore que, contrairement à l’idée répandue qui voudrait que les propriétés immunitaires du lait maternel disparaissent au bout de 6 mois d’allaitement, celui-ci contient des agents immunitaires, des vitamines et des enzymes aussi longtemps que l’enfant continue de téter (les plus récentes études montrent que la concentration en anticorps devienne de plus en plus élevée au fil de l’allaitement. ) Les bambins encore allaités sont donc généralement moins souvent et moins violemment malade que les autres.

Restent deux questions : '' quand va-t-il (enfin !) se sevrer ? ''

et

''cela ne risque-t-il pas de le rendre (de le maintenir) trop dépendant ? ''

 

Mais ces deux interrogations sont en réalité l’écho de deux malaises ressentis par la maman occidentale lorsque son enfant tète au-delà d’un certain âge et qu’elle commence à se sentir un peu trop en dehors des normes culturelles en vigueur :



- '' j’en ai assez d’allaiter et je voudrais que cela se termine parce que c’est pénible pour moi de me sentir toujours autant indispensable à mon enfant. ''

- '' Mon enfant sera-t-il normal, pourra-t-il s’adapter au monde scolaire s’il tète encore ? '' (adaptation qui est souvent considérée comme le symbole par excellence de la socialisation des enfants dans notre société).

A ces deux malaises je répondrai ceci :

  • il est normal d’éprouver parfois un certain ras-le-bol face à l’allaitement et, s’il reste passager, il n’est pas nécessaire d’envisager un sevrage imposé.

  • Oui,votre enfant s’adaptera sans difficulté au monde scolaire (ou à la crèche). Lorsque nous éprouvons un ras-le-bol face à l’allaitement, la meilleure chose à faire est de le prendre en compte et d’en rechercher les raisons. Il ne sert à rien de le nier et de faire contre mauvaise fortune bon cœur en se forçant à continuer d’allaiter. Une maman a le droit d’en avoir assez et lorsque cela lui arrive, elle doit prendre le temps de réfléchir à la conduite qu’elle doit tenir. C’est un peu comme si elle était parvenue devant sur un pallier avec une issue de sortie et la possibilité soit de continuer plus haut sur le même chemin, soit d’emprunter la sortie et de suivre une nouvelle direction. Ce qu’il faut éviter à tout prix dans ce cas-là, c’est la décision prise à l’emporte-pièce car celle-ci (et quelle qu’elle soit) risque de causer des effets dévastateurs sur la mère et l’enfant. Un sevrage hâtif peut blesser l’enfant dans son affectivité et donner des regrets à la maman, un allaitement continué malgré soi peut créer des tensions entre le bambin et sa maman et donner de l’amertume à celle-ci. Quelle que soit la décision prise, elle doit l’être dans la sérénité et avec conviction, la ligne directrice de base restant une attitude d’amour qui continue de respecter les besoins de l’enfant (surtout les besoins affectifs).

Le sentiment de ras-le-bol peut intervenir très tôt ou très tard dans la relation d’allaitement. Une maman peut en avoir assez au bout de 8 jours, une autre au bout de trois ans et ceci doit être respecté et compris. Il se peut aussi que le ras-le-bol intervienne plusieurs fois, qu’il y ait plusieurs paliers où la maman aura besoin de s’asseoir et de réfléchir et de décider de la direction qu’elle va prendre, cela est aussi normal. L’allaitement est une relation vivante entre deux partenaires et, comme toute relation humaine, elle évolue, mûrit, connaît des hauts et des bas. Ce qui décidera une maman à poursuivre ou à interrompre cette relation est personnel et beaucoup de considérations entrent en ligne de compte : l’attitude de l’entourage (du père notamment), l’envie ou la possibilité de recommencer à travailler, l’image que la société lui renvoie d’elle-même en tant que maman qui allaite encore, une hospitalisation retardée à cause de l’allaitement et devenu inévitable, la survenue ou l’envie d’une nouvelle grossesse (bien qu'il soit possible d'allaiter sans aucun préjudice pour la maman et le futur bébé tout en étant enceinte), l’image qu’elle a de l’allaitement lui-même et bien d’autres choses encore. J’ai personnellement éprouvé ce sentiment à plusieurs reprises au cours de chacun de mes allaitements et les raisons qui m’ont aidé à continuer ont été à chaque fois différentes. Ainsi, quand à trois mois j’ai voulu sevrer mon aînée parce que j’avais affaire à un bébé aux besoins intenses et que je ne supportais plus même l’idée de l’avoir au sein à longueur de journée, j’ai continué parce que je savais au plus profond de moi-même que le biberon ne changerait pas ses besoins et ne me rendrait pas la vie plus facile. Et quand, après deux ans d’allaitement, je me suis demandée si j’allais continuer d’allaiter ma deuxième fille, je me suis documentée pour savoir quels étaient les avantages et les raisons qui pouvaient justifier un allaitement plus long, en quoi cela pouvait s’avérer être encore nécessaire et important. Ces deux exemples montrent que les raisons qui, après réflexion, orientent notre décision peuvent être à dominante affective ou à dominante intellectuelle. Les situations les plus difficiles sont sûrement celle où l’on décide de sevrer parce qu’on n’en peut décidément plus et où il nous faut malgré tout faire preuve de patience et de maîtrise de soi pour que tout se passe bien grâce à un étalement du sevrage dans le temps. Enfin, il faut aussi savoir que tout enfant finit un jour ou l’autre par se sevrer totalement et définitivement. Totalement parce que certains enfants vont garder pendant longtemps une unique tétée dans la journée ou la semaine, et définitivement parce que d’autres enfants, qui serons sevrés, pourront soudainement recommencer à téter. Cette attitude correspond à chaque fois à un besoin de l’enfant et elle doit être comprise et acceptée sans inquiétude, c’est là l’une des gageures du sevrage naturel. Mais c’est aussi toute sa beauté : le respect du tempérament, des besoins et du rythme de chaque enfant pour la construction d’êtres sains et équilibrés dans leur affectivité.

Concernant la prise d’indépendance de l’enfant, il faut savoir que l’âge du sevrage naturel est très variable d’un enfant à l’autre et que celui-ci peut aussi bien avoir lieu à 1 an qu’à 4 ou 5 ans. Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que le besoin de dépendance est normal pour un petit enfant qui est en train d’apprendre à reconnaître le monde, avec tout ce que celui-ci peut contenir d’inquiétant ou d’excitant pour lui. C’est une période formidable et exaltante pour lui et il la vit intensément. Ces émotions, positives ou négatives, sont fortes et il est normal qu’il ressente régulièrement le besoin de faire une pause et de se mettre à l’abri dans le bras de maman avec une bonne tétée à l’appui. C’est dans ce va-et-vient entre le monde et sa mère qu’il apprend à prendre confiance en lui, à s’inscrire dans le temps et l’espace et à se comporter comme un être de relation (relation avec lui-même, relation avec les autres qui, toutes deux, le préparent à sa relation avec Dieu).

Cette question d’indépendance de l’enfant et sa capacité à se scolariser ne se pose pas tant lorsqu’il a recourt à la sucette et au doudou pour s’apaiser et se ressourcer, car nous savons que dans la plupart des crèches et écoles maternelles ceux-ci sont tolérés voire demandés. Il n’en va pas de même du sein de maman qui, bien évidemment, ne peut pas être déposé dans '' le panier à doudous ''. Mais que les mamans se rassurent : premièrement, ni la crèche ni la maternelle ne sont obligatoires, et deuxièmement, c’est la maturité de l’enfant qui compte et le sentiment de confiance qu’il a envers lui-même et les autres qui lui permettront de vivre positivement ou non ses premiers moments de vie séparée. Un enfant peut dépendre de son doudou et vivre l’école comme un cauchemar parce qu’il ne supporte pas l’éloignement de sa maman. Encore une fois, l’indépendance ne dépend pas tant de l’'' objet '' auquel l’enfant est attaché que de sa maturité affective. Plus et aussi longtemps que nécessaire une maman aura répondu aux besoins de dépendance de son enfant à son égard, plus celui-ci sera indépendant une fois la maturité affective atteinte.

Ainsi, si votre enfant tète encore et que vous voulez le scolariser, agissez normalement. S’il est possible de mettre un bébé en crèche tout en continuant de l’allaiter lors de la reprise du travail, cela l’est encore plus pour un enfant qui a l’âge d’entrer à l’école maternelle et qui est prêt pour cette expérience. Cela ne peut que lui être bénéfique s’il demande à téter avant de partir à l’école ou en revenant puisqu’il comble ainsi son besoin de sécurité. Il paraît d’ailleurs que ces enfants-là sont très appréciés dans les écoles maternelles japonaises car les enseignants savent qu’ils s’adapteront (se socialiseront) mieux que les autres.

 

Le sevrage imposé :

 

Comme nous l’avons vu plus haut, il se peut que, pour une raison ou une autre, une maman décide de sevrer. Il s’agit alors de savoir comment faire pour que cela se passe le mieux possible et pour que tous les besoins émotionnels et affectifs du bébé ou de l’enfant, satisfaits par l’allaitement jusqu’alors, continuent de l’être autant et aussi bien que les besoins nutritifs. Pour cela, il faudra que la maman et l’entourage fassent preuve de compréhension, de patience, de persévérance et d’imagination.

En effet, les méthodes brutales qui consistent à maquiller le sein de façon répugnante, à appliquer dessus du piment ou de la moutarde ou à partir une semaine loin de son enfant sont souvent traumatisantes, car ce qui était jusqu’à présent pour lui source de bonheur et de sécurité devient subitement cause de frayeur et d’insécurité. On ne sèvre pas un bébé ou un enfant du jour au lendemain en dehors d’un cas de force majeure (hospitalisation imprévue par exemple), ce qui serait d’ailleurs aussi mauvais pour la maman qui se retrouverait soudainement avec des seins complètement engorgés et douloureux.

Non, si l’on veut sevrer son enfant, il faut programmer le sevrage dans le temps et imaginer mille astuces qui le rendront agréable –et même joyeux- pour tout le monde. Il doit se faire progressivement, avec amour, sans conduire à un rapport de force où notre volonté et celle de notre enfant entreraient en conflit. Ainsi, la réduction du nombre de tétées devrait automatiquement impliquer une augmentation des marques d’affections, car un bébé ou un enfant qui a bénéficié d’une relation saine d’allaitement n’y mettra pas fin de plein gré s’il ne découvre pas à la place une autre source de nourriture émotive plus attrayante et intéressante.

L’idée est donc d’amener petit à petit et joyeusement l’enfant à concentrer son attention sur autre chose que le sein au moment même où il a l’habitude de téter. Ce peut être la découverte d’un nouvel aliment, la pratique d’une activité qu’il ne connaît pas encore, une histoire à raconter ou une ballade. Il faudra que tout l’entourage s’y mette en proposant à l’enfant des choses nouvelles et captivantes qui l’amèneront à s’éloigner (de lui-même) de sa maman au moment où il voudrait téter. Parfois la souplesse sera aussi nécessaire si nous nous rendons compte que certaines tétées (comme celles liées au sommeil) ne peuvent absolument pas être supprimées pendant encore un temps. Enfin, il faudra aussi éviter les situations où l’enfant a l’habitude de téter, comme le fait de le laisser venir le matin dans le lit parental.

Voici à titre d’exemple, le témoignage (Extrait de L’art de allaitement maternel. Edité par La Leche League.) d’une maman décidée à sevrer son enfant et la manière dont elle s’y est prise pour que cela se passe sans heurt pour lui et pour elle :



'' J’ai souhaité que (...) se sèvre quand j'ai voulu devenir enceinte pour une deuxième fois. J'ai essayé d'entamer le sevrage quand elle avait 20 mois, en l'incitant à ne pas téter en dehors de notre maison. Naturellement, mes premières sorties furent courtes. Dès notre retour à la maison, je respectais toujours ma promesse de l'allaiter et, si elle avait oublié, je le lui proposais.Quand elle fut bien adaptée à cette limite, je suis sortie plus souvent avec elle pour espacer les tétées. Les après-midi étaient donc consacrés aux activités extérieures : promenade, courses, visite chez des amies. Pour lui permettre de sauter les tétées de l'avant-midi, je lui ai fait découvrir de nouveaux jeux : pâte à modeler et peinture aux doigts ont été très populaires. De mon côté, j'ai dû, renoncer aux appels téléphoniques trop longs car(…) aimait bien téter durant ces moments où elle n'avait pas mon attention. (…) a commencé à s'endormir le soir en écoutant des histoires lues par son père. Une balade en poussette ou une promenade en auto étaient aussi très efficaces. Pour lui faire oublier les tétées du matin, je me levais avant elle et lui offrais à déjeuner dès son réveil.Il ne restait plus que les tétées de nuit car elle se réveillait encore. J'ai laissé passer quelques semaines avant d'essayer de lui faire espacer les tétées nocturnes. Comme elle réagissait très bien à tous ces changements, une nuit, je lui ai dit que j'étais trop fatiguée quand elle m'a demandé du lait. Je me suis retournée et j'ai attendu sa réaction. À ma grande surprise, elle s'est rendormie aussitôt. Au bout d'une semaine, elle s'est mise à faire ses nuits et c'est ainsi que (…) s'est sevrée car elle ne m'a plus jamais demandé de téter. Tout ce processus a pris environ cinq mois. J’y ai mis beaucoup d'énergie mais cela en valait la peine. Son sevrage s'est fait graduellement et avec beaucoup d'amour de la part de ses parents.''

 

C’est donc à chaque maman de définir ce qui lui convient le mieux, tant sur le fond (sevrage naturel ou imposé) que sur la forme (sevrage total ou partiel). Ce qu’il faut bien se rappeler, c’est que chaque enfant est différent et si certains enfants se sèvrent tôt d’eux-mêmes ou acceptent facilement le sevrage imposé, d’autres se sèvrent tard ou acceptent mal le sevrage obligé.

 

N’oublions pas que sevrer signifie ''mûrir ''. Le mot utilisé dans la Bible pour indiquer la maturité du fruit prêt à être cueilli est le même que celui utilisé pour sevrage. Celui-ci doit donc être considéré comme une étape positive dans la vie de l’enfant, devenu mûr et prêt à entreprendre de nouvelles relations (c’est d’ailleurs là tout le sens du sevrage de Samuel décrit en 1Samuel 1 :24) comme l’indique le Psaume 131 ('' J’ai l’âme calme et tranquille, comme un enfant sevré … '',version Segond). Le sevrage n’est pas une période trouble dans la vie de l’enfant mais un moment de paix et de sérénité, une période d’accomplissement où l’enfant se sent assez mûr et bien dans sa peau pour commencer quelque chose de nouveau. Et l’âge auquel un enfant est prêt varie énormément, c’est pourquoi le sevrage peut être considéré comme une partie essentielle de l’art d’allaiter. L’essentiel réside dans l’attitude générale : aimer son enfant et le respecter dans et avec ses besoins, le supporter et veiller sur lui en s’adaptant à sa maturité. Agissons ainsi avec nos bébés et bambins et nous auront la joie de les voir franchir les différentes étapes de leur développement dans la paix et la joie, conformément à la volonté de Dieu pour eux.

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Published by heureusemaman - dans Bible et maternage
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commentaires

heureusemaman 22/11/2015 20:27

Il est impératif que vous fassiez comme vous le ressentez pour le bien de votre enfant. C'est vous la mère et c'est vous qui assumerez les conséquences de votre choix, pas l'entourage ni les ami(e)s. Et non l'enfant ne sera pas déboussolée si tout est bien verbalisé et d'autant plus qu'apparemment elle est déjà habituée à des séparations courtes.
Quant à l'engorgement, essayez tout de même de trouver un tire-lait manuel car non seulement cela vous permettra d'éviter l'engorgement mais aussi de maintenir votre lactation. Autre solution : tirer le lait à la main si vous y arrivez. Sincèrement, tout cela vaut le coup :-)

heureusemaman 22/11/2015 11:44

Bonjour,
Faites un tour sur le site de La Leche League, vous trouverez des conseils et des pistes qui pourront vous être utiles. Personnellement, je ne sèvrerai pas mon enfant. je continuerai comme d'habitude en lui expliquant que maman va partir 2 semaines (le faire visualiser avec une bande murale de 15 jours ou tout autre chose) et que durant ce temps bien sûr elle ne pourra pas téter mais que dès que maman reviendra elle pourra de nouveau téter. En situation réelle, les enfants s'adaptent très bien et cela leur laisse une possibilité de reprendre le cours normal des choses quand tout rentre dans l'ordre. Peut-être qu'elle ne retétera pas ou ne saura plus téter, mais ce sera alors moins douloureux que de lui annoncer une fin définitive liée à une absence de maman. Cela fait une double angoisse : plus de maman et plus de sein. Laissez-la aller à son rythme : maman tu vas partir, ne me prive pas déjà de ce qui est si important pour moi et laisse-moi la possibilité de reprendre le sein à ton retour.

Réb 22/11/2015 11:59

Merci de tout coeur pour votre réponse qui me réconforte beaucoup! J'ai parcouru tout le site de la LLL.. je me sens réellement ambivalente! Parce que naturellement l'entourage est rempli de bons conseils et de bonnes intentions, mais du coup, ça me déstabilise beaucoup.
Mon mari s'inquiète que si je ne sèvre pas d'ici mon départ elle sera davantage déboussolée. Or, j'ai réellement l'impression qu'elle pourra très bien s'abstenir de téter lorsque je ne serai pas là. Elle fait très clairement la distinction lorsqu'elle est en séjour chez sa grand-maman, par exemple.
Est-ce que je ne risque pas d'engorger sur place? Je n'aurai pas trop l'occasion de pouvoir tirer mon lait..

On m'a également suggéré de prendre de l'homéo pour atténuer la séparation.

Je suis soulagée en tout cas, car je ne suis pas prête pour un sevrage définitif..

Réb 22/11/2015 10:53

Bonjour,
Merci pour ce très bel article qui m'a plu! J'ai une petite fille de 19 mois qui tète partiellement. Le matin un peu, le soir un peu avant de s'endormir et tète encore un peu la nuit quand elle se réveille.
J'ai "aboli" les tétées la journée, ne souhaitant plus allaiter à l'extérieur.
Je pars 15 jours mi-janvier sans elle et je ne sais pas comment faire pour bien faire. Je lui ai beaucoup expliqué que je partais bientôt, je lui ai expliqué qu'il faudrait que nous cessions l'allaitement..
J'ai gentiment arrêté la tétée du matin, mais c'est difficile de lui refuser le sein lorsqu'elle a besoin de réconfort. Je la prends dans les bras, je la porte, mais elle reste frustrée. J'accueil sa frustration, parfois je lui propose une activité...

Bref, tout ça pour dire que je ne sais pas comment faire pour bien faire avec ce départ qui s'approche à grand pas.
Je suis preneuse de conseils..
Merci!! Une belle journée.

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  • Je suis une  heureuse maman de 6 enfants entre 17 ans et 32 mois, mère au foyer, animatrice LLL, responsable de rencontre de mamans et enseignante de mes propres enfants  dans le cadre du homeschooling.
  • Je suis une heureuse maman de 6 enfants entre 17 ans et 32 mois, mère au foyer, animatrice LLL, responsable de rencontre de mamans et enseignante de mes propres enfants dans le cadre du homeschooling.

Ma p'tite famille :

Le papa : 47 ans, originaire de la Guadeloupe. Amoureux du jardinage et du bricolage. La maman 44 ans, institutrice qui n'a plus exercé depuis ..... hum hum ..., animatrice de réserve de La Leche League, ancienne monitrice de portage des bébés en écharpe, créatrice du concept des Rencontres de Mamans ( voir article à ce sujet) Les enfants : L'aînée , 20 ans, scolarisée à la maison de la 6ème à la Terminale (Bac L), licenciée en Langues Etrangères Appliquées (anglais - japonais), actuellement en Master 1de LEA Affaires Internationales, orientation projets culturels et humanitaires, anglais, japonais, arabe - 2 années d'avance (détectée enfant précoce)- responsable scout - piano ( 6 ans de Conservatoire) , guitare - A déjà voyagé dans plusieurs pays (dont 1 semestre d'études à Nottingham et un stage d'études en Israël)- La seconde , 18 ans, scolarisée à la maison de la 6ème à la Terminale (bac ES avec option maths renforcés),1ère année de Licence Arts Plastiques, 1 an d'avance - engagée dans le scoutisme - piano - La troisième, 14 ans, scolarisée à la maison depuis le CE1, en 3ème, piano, gymnaste et scout- La quatrième, 12 ans, scolarisée à la maison depuis le CP, en 4ème, une année d'avance, aussi détectée précoce - équitation, lecture - La cinquième, 10 ans, scolarisée à la maison depuis la MS de maternelle, CM2- au Conservatoire en violon et chant - gymnaste et scout - La sixième, 5 ans, n'a jamais été à l'école, unschooling (apprend autrement qu'en travaillant pour le moment !), très créative ! Le 7ème : dans la patrie céleste depuis le second trimestre de grossesse. Le plus heureux de nous tous :-)

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PSAUME 128

Heureux es-tu toi qui révères l'Eternel
et qui suis les chemins qu'Il a tracés !
Tu profites du travail de tes mains
Tout ira bien pour toi et tu seras heureux ...
Ta femme sera comme une vigne féconde chargée de nombreux fruits
Et, autour de ta table,
Tes enfants ressembleront à des plants d'oliviers.
Ainsi sera béni tout homme qui révère l'Eternel ...

ENCOURAGEMENT

'' Aies foi dans ta foi

  Doute de tes doutes

  Ne mets pas ta foi dans tes doutes

  Ni tes doutes dans ta foi. "

 Michel Allard

Plus précieuse que les perles

"Une femme capable, intelligente et vertueuse,

qui est  qui peut la trouver ?

Elle est beaucoup plus précieuse que des bijoux

et sa valeur est loin au-dessus des rubis ou des perles."

Proverbes 31 : 10 (version anglaise)

Citation

'' EXERCEZ VOS ENFANTS A L'AUTODISCIPLINE

 PLUTÔT QU'A LA COMPLAISANCE

PENDANT QU'ILS SONT JEUNES. '

Nancy Campbell

 (traduction libre)

 

Sur l'allaitement ..

'' Nourri aux seins de ma mère ! '' Cantique des Cantiques 8 :1

'' Je me levai le matin pour allaiter mon fils. '' I Rois 3 : 21

'' Même chez les chacals, on donne à téter, (...) cette belle qu'est mon peuple devient aussi cruelle que les autruches de la steppe. '' Lamentations 4 : 3

'' ... Les bénédictions des mamelles et du sein. '' Genèse 49 : 25

'' ' Fais ce que bon te semble. Reste ici jusqu'à ce que tu l'aies sevré. Que seul le Seigneur accomplisse Sa Parole. ' La femme resta donc et elle allaita son fils jusqu'à ce qu'elle l'eût sevré. '' I Samuel 1 : 23

 

VOIR ARTICLE '' LE MATERNAGE DANS LA BIBLE ''

 http://heureusemaman.over-blog.fr/article-29589181.html

 

Amitié

Deux amis marchaient dans  le désert.

A un moment, ils se disputèrent et l'un des deux donna une gifle à l'autre.

Ce dernier, endolori mais sans rien dire, écrivit dans le sable :

'' Aujord'hui, mon meilleur ami m'a donné une gifle. ''

Ils continuèrent à marcher puis trouvèrent une oasis dans laquelle ils décidèrent de se baigner.

Mais celui qui avait été giflé manqua de se noyer et son ami le sauva.

Quand il se fut repris, il écrivit sur une pierre :

'' Aujourd'hui, mon meilleur ami m'a sauvé la vie. ''

Celui qui avait donné la gifle et avait sauvé son ami lui demanda :

'' Quand je t'ai blessé, tu as écrit sur le sable. Maintenant, tu écris sur la pierre. Pourquoi ? ''

L'autre ami répondit :

'' Quand quelqu'un nous blesse, nous devons l'écrire dans le sable : les vents du pardon peuvent l'effacer.

Mais quand quelqu'un fait quelque chose de bien pour nous, nous devons le graver dans la pierre : aucun vent ne peut l'effacer. ''

 

                                                                             Texte anonyme.