Méditations pour chacune : semaine 21
'' Il prit la parole et leur exposa bien des choses sous forme de paraboles. ''
Matthieu 13 : 3
'' Bien qu'ils regardent, ils ne voient pas,
et bien qu'ils écoutent , ils n'entendent pas et ne comprennent pas. ''
Matthieu 13 :13
'' Chaque fois que quelqu'un entend le message qui concerne le Royaume et ne le comprend pas,
le Diable vient arracher ce qui a été semé dans son coeur. ''
Matthieu 13 : 19
'' Celui qui entend la Parole et la comprend … porte du fruit … ''
Matthieu 13 : 23
N'avez- vous jamais entendu parler d'un enfant qui, bien qu'il écoute la maîtresse, ne comprend pas un mot de ce qu'elle raconte ? Et cela ne vous est-il jamais arrivé de ne rien comprendre à ce que vous entendez , bien que l'on parle votre langue ? Oui, il est possible d'être attentif à ce qu'on nous dit ou montre, mais de ne rien comprendre !
Jésus nous donne ici une leçon de pédagogie très intéressante pour toute personne désireuse de voir les enfants cheminer avec Dieu : il n'est pas suffisant de les enseigner, que ce soit dans le cadre familial ou dans le contexte de l'église. Notre préoccupation première lorsque nous désirons transmettre quelque chose à un enfant est la suivante :
l'enfant a-t-il réellement COMPRIS l'enseignement que je viens de lui apporter ?
Jésus nous indique qu'il faut nous méfier de 2 attitudes :
* ce n'est pas parce qu'un enfant est attentif ( écoute, entend) à ce que je dis qu'il comprend ce qui est dit,
* ce n'est pas parce que j'utilise des supports visuels pour rendre mon enseignement plus compréhensible, plus intéressant ou plus parlant que l'enfant comprend ce que je dis.
Il est très important de saisir cela en tant que responsable spirituel de nos enfants/ d'enfants sinon nous risquons de fournir beaucoup d'énergie et d'efforts pour un piètre résultat : un enfant qui, pendant des années, aura entendu chaque jour à la maison ou chaque dimanche à l'église un enseignement spirituel ou des histoire bibliques additionnés de patois de Canaan risque bien de ne jamais donner son coeur au Seigneur et d'être une cible de choix pour l'Adversaire (cf le verset 19).
Mais au fait : que signifie le mot '' comprendre '' ? Comprendre, c'est, littéralement, prendre avec soi , c'est-à-dire se sentir concerné par ce qu'on entend ou regarde. L'important pour commencer est donc d'attirer l'attention de l'enfant de telle sorte qu'il se sente concerné, personnellement, par l'enseignement qui va lui être apporté. L'important, au début, c'est d'interpeller personnellement l'enfant sur l'importance pour sa propre vie de ce que nous allons lui transmettre. L'important, finalement, c'est de lui donner faim et soif de la Parole.
Mais comprendre, c'est aussi ''saisir avec notre l'intelligence'' , c'est pourquoi il est très important d'utiliser un vocabulaire, un raisonnement et des supports particulièrement adaptés au niveau de compréhension des enfants que nous enseignons. Nous ne sommes pas plus spirituels et notre enseignement n'est pas meilleur parce que nous utilisons les ''grands mots '' du vocabulaire biblique alors que nous nous adressons à des enfants. Certes, il y a un vocabulaire biblique de base qu'il est incontournable d'enseigner à l'enfant (tel que les mots péché, croix, repentance, conversion, Saint-Esprit, ....), mais nous pouvons employer des mots très simples pour expliquer aux enfants ce qu'ils signifient.
Enfin, ''comprendre '', c'est '' saisir avec l'esprit '', et j'ajouterai même ''saisir avec le coeur ''. En effet, il y a des enseignements que l'enfant ne comprend pas nécessairement avec les mots mais avec son coeur, que ce soit sous forme d'intuition ou de révélation de la part du Saint-Esprit. C'est là notre limite en tant qu'enseignant et toute la part de Dieu dans l'éveil et la croissance spirituelle de l'enfant. La conviction de péché et la conversion en sont deux bons exemples : il ne sert à rien de répéter à l'enfant, jour après jour, semaine après semaine, qu'il est mauvais et qu'il doit se convertir à tout prix. Enseignons-le simplement (dans les deux sens de ce terme), de manière volontaire mais aussi lorsque les circonstances s'y prêtent, sur ce qu'est le péché selon la Bible et sur la nécessité de remettre entièrement sa vie au Seigneur. Assurons-nous qu'il ait compris cela à la fois dans le sens de '' se sentir personnellement concerné '' et dans le sens de '' comprendre avec son intelligence '', et laissons le Saint -Esprit agir dans sa vie, en Son temps, selon Son plan pour que l'enfant expérimente une compréhension de coeur et d'esprit, c'est-à-dire une authentique conviction de péché et une véritable conversion qui changeront sa vie de manière définitive et le feront entrer dans les voies de Dieu pour lui. Les conversions forcées, sous la pression du groupe ou pour faire plaisir à papa et maman ou au moniteur d'école du dimanche, ou parce qu'on a tellement baratiné l'enfant avec cela, ne produiront strictement aucun fruit et ne conduiront pas l'enfant dans le Royaume de Dieu.
Et finalement, Jésus nous donne une piste très concrète : dans tout le chapitre 13 de Matthieu, Il enseigne ceux qui l'écoutent avec des paraboles, c'est-à-dire ici précisément, en prenant des situations de leur vécu quotidien pour les transposer dans le spirituel : l'ensemencement d'une terre, le blé et la mauvaise herbe qui envahit un champ, la graine de moutarde, la confection du pain, la découverte d'un trésor, la pêche ... N'hésitons donc pas, nous aussi, à utiliser le vécu quotidien des enfants, les choses concrètes de leur vie de tous les jours, pour les enseigner sur les choses spirituelles et leur transmettre de profondes vérités bibliques. C'est en cela qu'ils se sentiront concernés d'entrée de jeu, c'est en cela qu'ils commenceront à comprendre dans le sens de '' prendre avec soi ''. Et s'ils nous le demandent, ou si nous discernons qu'ils en ont besoin, n'hésitons pas à leur fournir plus d'explications. Les disciples n'ont-ils pas demandé : ''explique -nous … '' (verset 36) et Jésus n'at-il pas pris le temps et la peine de leur fournir les explications nécessaires à leur compréhension ?
Rappelons-nous :
c'est lorsque l'enfant se sent concerné personnellement, dans l'intimité de sa vie,
c'est lorsqu'il comprend avec son intelligence et/ou son coeur et son esprit
que les vérités de la Parole de Dieu trouveront en lui une bonne terre qui portera beaucoup de fruits !
Vous trouverez ci-dessous, à titre d'exemple (que l'on peut sûrement améliorer), un enseignement que j'ai donné sur la Trinité à des enfants âgés de 5 à 10. C'est un enseignement que les enfants ont beaucoup aimé et qu'ils me semblent avoir '' compris '' ...