La blessure de l'humiliation - partie 1 : ses racines et ses fruits

Publié le par heureusemaman

  (Cet article est le résultat de mes recherches sur la blessure de l'humiliation. Il s'agit d'une prise de notes que je livre telle quelle. C'est la troisième étape de mon travail dans mon cheminement personnel contre la dépression (première étape : la fausse culpabilité, voir les 3 articles à ce sujet sur ce blog dans la catégorie dépression - deuxième étape : le rejet, voir les 2 articles à ce sujet sur ce blog dans la catégorie dépression).

 

Remarque préalable : Il est important de distinguer humiliation et humilité :

 

  •  humilité : vertu qui grandit et honore la personne- reconnaître son statut de créature qui ne pourrait rien faire sans Dieu, considérer, dans sa vie de tous les jours, qu'on a besoin de l'aide divine (on reconnaît son besoin pour être élevé par Dieu)- acte volontaire de rabaissement de son "moi", de son orgueil qui demande beaucoup de travail volontaire sur soi.

  •  humiliation : blessure qui rabaisse et ôte l'honneur- sentiment dégradant d'injustice, ce sont les autres qui nous rabaissent - acte volontaire de rabaissement et de vexation d'autrui par quelqu'un d'autre. Outrage – Honte.

 

C'est une blessure qui est rattachée à l'avoir et au faire et les personnes qui l'ont en ont très rarement conscience. Elle apparaît souvent au moment du développement des fonctions du corps physique (apprendre à manger seul, être propre, aller aux toilettes seul, parler, écouter, comprendre ce que les adultes disent etc …).

La blessure se produit lorsque l'enfant sent qu'un de ses parents a honte de lui ou a peur d'avoir honte. Même lorsqu'il est très jeune, le bébé peut sentir le dégoût chez ses parents et se sentir humilié et honteux. Tout enfant ayant vécu une blessure d'humiliation verra sa blessure s'accentuer par la suite.

Cette blessure peut être vécue dans différents domaines : enfant très contrôlé par ses parents, qui n'a pas la liberté d'agir, de bouger comme il le veut au niveau physique – enfant qui s'est sali et qui voit son parent avoir honte de lui – enfant qui entend un parent raconter à quelqu'un quelque chose de négatif à son sujet etc ….

La blessure d'humiliation est souvent vécue avec la mère.

L'enfant qui vit une blessure d'humiliation se créera le masque du masochiste : il recherchera, de manière inconsciente la plupart du temps, la douleur et l'humiliation. Il deviendra une personne qui s'organise (sans toujours s'en rendre compte) pour se faire mal ou se punir avant que quelqu'un d'autre ne le fasse. C'est ce qu'il fait ou ne fait pas, ce qu'il a ou ce qu'il n'a pas qui réveillera la blessure d'humiliation. La personne souffrant de la blessure de l'humiliation est celle qui souffre le plus de la honte.

Note : ne pas confondre honte et culpabilité. On peut se sentir coupable sans avoir honte mais on ne peut avoir honte sans se sentir coupable. Une personne qui a honte s'accuse et veut se cacher.

La personne souffrant de la blessure de l'humiliation veut se montrer solide, ne pas être contrôlée. Elle devient donc performante et en prend beaucoup sur son dos. Elle a ainsi le '' don '' de se placer dans des situations où elle doit prendre soin de quelqu'un d'autre au point de s'oublier de plus en plus. Elle fait tout pour se sentir utile.

Mais attention, inconsciemment, le mécanisme est le suivant : chaque fois que la personne souffrant de la blessure de l'humiliation semble vouloir tout faire pour aider les autres, elle désire, en réalité, sans le savoir, se créer des contraintes et des obligations. Le temps qu'elle prend pour aider les autres, elle croit qu'elle ne leur fera pas honte. C'est une personne dont on peut très vite abuser. Et qui sera rarement reconnue pour tout ce qu'elle fait (exemple : la femme qui se sent comme une servante. Elle s'en plaint mais continue d'agir ainsi car elle ne réalise pas qu'elle se crée elle-même ses contraintes). C'est une personne dévouée qui ne se sent vraiment pas reconnue.

La personne souffrant de la blessure de l'humiliation sent sa mère comme un poids lourd à porter et se sent généralement soulagée ou libérée à la mort de celle-ci car elle entravait sa liberté.

Il y a mécanisme masochiste car la personne ne réalise pas qu'en accomplissant tout pour les autres elle en vient à s'oublier elle-même au point de se nuire car ne respectant plus ses propres besoins. Elle a de la difficulté à exprimer ses vrais besoins et ce qu'elle ressent véritablement car, depuis son plus jeune âge, elle n'ose pas parler par peur d'avoir honte ou de faire honte à quelqu'un. En général, la personne souffrant de la blessure de l'humiliation en arrive au point où elle n'est même plus en contact avec ses propres désirs. Elle n'écoute plus non plus ses propres besoins, même si elle est consciente de ce qu'elle veut. Elle se fait souffrir en ne s'écoutant pas. Elle oublie ses besoins sans qu’on ne lui demande rien et dira même en toute sincérité que cela lui fait plaisir, d’où le fait d’être masochiste.

La personne masochiste aime être une bonne personne, elle aime faire le bien, du bien, et est très appréciée et reconnue pour cela mais à quel prix ? Quels sacrifices ? Elle n’en a pas conscience ...

C'est aussi une personne hypersensible, atteinte par la moindre petite chose. Elle se sent responsable du malheur des autres (elle aurait dû faire/ne pas faire ceci/cela – dire/ne pas dire ceci/cela). Et la moindre petite critique faite à son égard la fait se sentir humiliée et rabaissée. Et elle est particulièrement douée pour se rabaisser elle-même. Elle ne peut pas concevoir qu'elle peut être une personne que les autres considèrent spéciale ou importante. Le mot '' petit '' est très présent dans son vocabulaire ('' ma petite tête '', '' une petite idée '', '' un petit peu '' etc ….). Et quand le terme '' gros '' est utilisé, c'est pour se rabaisser....

C'est une personne qui se blâme facilement pour tout, et prend aussi facilement le blâme pour les autres. C'est sa façon d'être une bonne personne. C'est une personne qui se sent coupable dès lors qu'on lui dit qu'elle l'est, quand bien même les faits objectifs démontreraient le contraire. Elle a l'habitude de prendre la responsabilité de quelque chose qui ne lui appartient pas et de s'en blâmer. Et, se croyant coupable, elle prend la responsabilité d'arranger la situation.

C'est aussi quelqu'un de très expressif lorsqu'elle raconte quelque chose.

La liberté est quelque chose de très important pour la personne souffrant de la blessure de l'humiliation car cela est lié au fait d'avoir été contrôlé et privé de liberté par ses parents (interdiction d'avoir ou de voir des amis par exemple, de sortir à sa guise etc …) Mais , paradoxalement, cette personne va se créer tellement d'obligations qu'elle ne sera pas quelqu'un de libre.

En effet, c'est une personne qui, lorsqu'elle se sent libre, a peur de vite tomber dans le trop, l'absence de limites. Elle a vraiment très peur de se retrouver sans limites car elle est convaincue qu'elle fera alors des choses honteuses Elle croit aussi qu'en prenant la liberté de s'occuper d'elle-même elle ne sera plus utile aux autres. C'est pourquoi il y a beaucoup d'énergie bloquée en elle car elle se sent honteuse et coupable d'être libre comme elle en aurait besoin. Cette peur de la liberté est telle qu'elle s'arrange inconsciemment pour ne pas l'être. Le mécanisme est tellement subtil que la personne souffrant de la blessure de l'humiliation croit assurer sa liberté/être libre en choisissant de s'occuper de tous ceux qu'elle aime, en contrôlant son choix, mais elle s'en occupe à un tel point que cela devient un emprisonnement pour elle. Elle se crée ainsi de plus en plus d'obligations dans son quotidien qui l'obligent à faire des choses qui ne répondent pas à ses besoins.

C'est aussi la personne qui a l'art de se punir en croyant punir les autres …... ou de se punir elle-même avant que quelqu'un d'autre ne le fasse …. Comme si elle voulait se donner le premier coup de fouet pour que les autres lui fassent ensuite moins mal.

C'est une personne qui éprouve également de la difficulté à se faire plaisir, qui s'accuse de prendre du temps pour s'occuper d'elle, être à l'écoute de ses besoins/désirs. Elle s'arrange pour ne pas avoir de temps pour se faire plaisir ou ne pas avoir de plaisir à faire ce qu'elle fait (= masochisme). Le sens du devoir est très important pour une telle personne ...Elle se sent responsable du bonheur des autres … La personne souffrant de la blessure de l'humiliation a tellement de difficulté à être en contact avec ses propres besoins qu'il est fréquent qu'elle fasse pour les autres ce qu'elle ne fait pas pour elle-même.

Ce sont des personnes qui négligent souvent leur apparence car elles ne se sentent pas dignes, elles se mettent donc aussi en situation d'humiliation quant à leur apparence (une personne souffrant de la blessure de l'humiliation qui commence à soigner son apparence est une personne en train de guérir ).

Le dégoût est un sentiment souvent ressenti par cette personne (vis-à-vis d'elle-même ou vis-à-vis des autres) et sa première réaction est de rejeter ce qui lui répugne. Elle se sent souvent sale, malpropre au dedans d'elle-même.

Comme tout un chacun, la personne souffrant de la blessure de l'humiliation fait tout pour ne pas être consciente de sa souffrance car elle a trop peur de sentir la douleur associée à sa blessure. Elle le fait en essayant d'être digne à tout prix. Elle utilise d'ailleurs souvent les expressions '' être digne '' et '' être indigne ''. Elle se sent particulièrement indigne ...Elle considère qu'elle ne mérite pas le droit de se faire plaisir mais plutôt de souffrir.

Au niveau de la sexualité, la personne souffrant de la blessure de l'humiliation éprouve généralement des difficultés à cause de la honte ressentie. Pour une telle personne, les notions de péché, saleté etc …. sont attachées à la sexualité. C'est encore plus le cas lorsque, enfant, cette personne était considérée comme l'enfant de la honte (mère célibataire, enfant hors mariage, etc ….). Dès la conception, cet enfant est imprégné d'une image faussée de l'acte sexuel. Il se développe alors une véritable honte sexuelle. Qui sera transmise de génération en génération …. jusqu'à ce que la chaîne s'arrête parce que quelqu'un aura décidé de guérir de cette blessure ...La majorité des personnes souffrant d'humiliation font partie de familles où tous les membres ont des processus de guérison à effectuer au niveau sexuel.

Cette honte peut aussi se manifester, chez les filles, à l'apparition des premières règles, etc....

De plus, la personne souffrant de la blessure de l'humiliation, parce qu'elle ne se donne pas le droit de se faire plaisir, va s'arranger pour également se priver dans le domaine sexuel. Alors même que ce sont souvent des personnes très sensuelles. Mais pour lesquelles cela est une honte et une source de culpabilité. Elle ne savent donc pas s'abandonner, se laisser aller. Elles ont également honte de leur nudité, du regard de l'autre.

La blessure d'humiliation affecte aussi la communication. La personne souffrant de cette blessure a peur de passer pour égoïste si elle dévoile ses besoins, ses désirs, d'être rabaissée ou humiliée, que l'autre la fasse se sentir comme une poubelle, de se faire dire ou sentir qu'elle est indigne.

Les maladies associées à la blessure de l'humiliation sont souvent :

  • des sensations de lourdeurs au niveau des épaules (la personne en prend plein le dos – sentiment de manque de liberté).

  • des problèmes aux jambes et aux pieds (varices, entorses etc …) - ( à force d'avoir peur d'être empêchée/ne pas être libre, elle finit par le devenir)

  • des problèmes de foie (cf se faire de la bile pour les autres )

  • maux de gorge (retenir ce qu'on aurait à dire/demander)

  • problème de peau (cf '' ça me démange '' = ''j 'ai envie de '' mais se faire plaisir = honte)

  • hypoglycémie (cf difficulté à se faire plaisir par des douceurs alimentaires à cause de la culpabilité que cela engendre).

  • problèmes cardiaques (la région du cœur a un lien direct avec la capacité de se faire plaisir, la joie de vivre).

Au niveau alimentation, la personne souffrant de la blessure de l'humiliation est souvent extrémiste : soit elle mange beaucoup, soit elle ne mange quasiment rien mais très souvent (petites quantités multipliées dans la journée). Elle peut aussi se nourrir en cachette. Ou manger tout le temps sur le pouce. Elle a en effet souvent honte de manger, se sent coupable de manger, surtout lorsque ce sont des aliments gras ou du chocolat.

Mais, c'est une personne qui se récompense aussi souvent par la nourriture ... C'est sa manière de se gratifier.

Il est impératif, pour la personne souffrant de la blessure de l'humiliation, de reconnaître à quel point elle a honte d'elle-même, des nombreuses fois où elle se rabaisse elle-même et se sent indigne. Plus la blessure de l'humiliation est importante, plus la personne se rabaisse, plus elle se compare aux autres et plus elle se sent moindre.

 

Pour terminer cette première partie, si vous vous êtes reconnu(e)s dans cette blessure de l'humiliation, je vous invite à remettre dès maintenant cette blessure entre les mains de Celui seul qui peut merveilleusement guérir nos cœurs et nos âmes de chacune de nos blessures, aussi douloureuses et profondes soient-elles :

Merci Seigneur pour la vérité dont Tu fais preuve envers moi, aussi douloureuse soit-elle ….Tu es Celui qui me connaît depuis avant même la fondation du monde. Tu étais là dès ma conception. Tu as vu, entendu toutes choses jusqu'au jour d'aujourd'hui. Tu sais tout …. Les faits, les paroles, les impacts que cela a eu, les blessures, les dégâts...les dysfonctionnements que tout cela a entraîné …. et les dégâts ajoutés aux dégâts par le biais de ces dysfonctionnements.

Merci pour Ta lumière qui ne révèle pas les choses pour nous écraser, nous accabler ou nous amener dans le désespoir mais, tout au contraire, pour nous guérir, nous restaurer, nous réparer, nous reconstruire entourés de Tes bras d'amour . Tu es le '' coeurdonnier '' , Tu es El Rachum …. Je me confie en Toi pour le travail qu'il y a à faire en moi concernant la blessure de l'humiliation …..

 

La blessure de l'humiliation -  partie 2 : guérir de la blessure de l'humiliation, guérir de la honte (voir dans la catégorie dépression pour accéder à l'article)

 

 

Publié dans Dépression

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