La blessure du rejet - Partie 1 : ses racines et ses fruits

Publié le par heureusemaman

Cet article est le résultat de mes recherches sur la blessure du rejet. Il s'agit d'une prise de notes que je livre telle quelle. C'est la seconde étape de mon travail dans mon cheminement personnel contre la dépression (première étape : la fausse culpabilité, voir les 3 articles à ce sujet sur ce blog dans la catégorie dépression).

 

Synonymes : expulser – écarter en refusant – repousser – intolérance – ne pas admettre – évacuer.

 

Attention : rejet ≠ abandon :

* abandonner = s'éloigner pour autre chose ou pour quelqu'un d'autre ('' je ne peux pas '')

* rejeter = repousser, ne pas vouloir avoir dans sa vie ou à ses côtés ('' je ne veux pas '').

Le rejet est une blessure très profonde, car celui qui en souffre se sent rejeté non seulement dans son être mais aussi dans son droit d'exister. La blessure du rejet se manifeste souvent très tôt dans la vie d'une personne (ex. du bébé non désiré – mais aussi : remarques désobligeantes, impatience ou colère d'un parent). Et tant que la blessure n'est pas guérie, elle se réactive très facilement. La personne qui se sent rejetée n'est pas objective. Elle interprète les incidents à travers les filtres de sa blessure et elle se sent rejetée même lorsqu'elle ne l'est pas.

Sa protection : le masque du fuyant. Car la première réaction d'une personne rejetée est de fuir. Souvent en s'évadant dans sa tête. C'est pourquoi ce peut souvent être, au stade de l'enfance, une personne sage et tranquille.

Elle ne veut pas, physiquement, prendre trop de place. Elle se fait toute petite dans un coin. Se replie sur elle-même. Elle s'assied les jambes croisées bien sous la chaise. Elle préfère même s'asseoir par terre (ne pas être relié au sol par la position verticale, ne pas être enracinée/attachée à un endroit, pour mieux pouvoir fuir ...) La personne souffrant du rejet doute de son droit à l'existence. Et veut qu'on s'aperçoive qu'elle existe même si elle ne croit pas à son droit d'exister (ex : l'enfant qui se cache pour se protéger et qui a besoin qu'on le cherche, qu'on montre qu'on s'inquiète de son existence - '' je veux qu'ils me trouvent. Je veux qu'ils se rendent compte que j'existe. '' Parce que cet enfant croit si peu en son droit d'exister qu'il se crée des situations pour essayer de se le prouver.)

Paradoxalement, l'enfant rejeté est souvent est un enfant surprotégé car il paraît petit, fragile. Et un enfant surprotégé est un enfant qui se construit avec la notion qu'être aimé = être étouffé. Sa réaction, adulte, sera de rejeter ou fuir lorsque quelqu'un l'aimera, car il aura peur de cet étouffement. Un enfant surprotégé se sent rejeté parce qu'il sait qu'il n'est pas aimé pour ce qu'il est (attention : la surprotection est ici de l'ordre du physique, pas de l'émotionnel. Un enfant peut-être surprotégé physiquement et maltraité émotionnellement/psychologiquement). L'enfant se sent rejeté dans ses capacités.

La personne rejetée ne s'attache pas trop aux choses matérielles, car elles l'empêcheraient de fuir à son goût. C'est comme si rien ne pouvait la rendre heureuse. C'est pourquoi elle s'attache souvent à tout ce qui est relié au monde intellectuel. Ce détachement de tout ce qui est matériel amène des difficultés au niveau de la vie sexuelle, qui apparaît comme quelque chose de pas spirituel. Elle a du mal à concevoir qu'elle puisse avoir besoin de sexualité comme un être humain normal. Elle se coupe d'elle-même à ce niveau-là.

La personne rejetée vit dans son monde, s'isole en elle-même, dans sa tête, car elle croit que si elle vit dans son monde elle ne souffrira plus, car elle ne sera alors plus rejetée par les autres et ne se rejettera plus elle-même.

La blessure du rejet est vécue avec le parent du même sexe. Que l'on ne parvient alors pas à accepter, parfois jusqu'à le haïr. Il est le contre-modèle. On ne veut pas lui ressembler. Et ce faisant, parce qu'on est du même sexe que le parent rejetant, on en vient à se rejeter, à ne pas s'accepter, à ne pas s'aimer. Pour ne pas être comme lui. C'est un cercle vicieux.

Le parent du même sexe a pour rôle de nous apprendre à aimer, à nous aimer et à donner de l'amour. Le parent du sexe opposé nous apprend à nous laisser aimer et à recevoir de l'amour.

La personne rejetée se croit nulle, sans valeur. Elle va essayer par tous les moyens d'être parfaite pour se valoriser à ses yeux et à ceux des autres. Les mots très présents dans son vocabulaire sont : '' nul '' (pour soi-même et les autres) et '' rien '' ('' je ne vaux rien, quoique je fasse ça ne donne rien, fais ce que tu veux, ça ne me fait rien '' etc ….). le mot '' disparaître '' est aussi très souvent utilisé....

Attention, exemple de cercle vicieux induit par le rejet et sa perpétuation sur le plan générationnel : l'enfant qui veut partir de la maison, à qui on dit '' bonne idée, va-t-en, on sera libéré ! '' → l'enfant se sent encore plus rejeté et en veut encore plus à son parent. Ce genre de situation se produit avec un parent qui a lui aussi la blessure du rejet. Il encourage la fuite parce que ce moyen lui est familier, même s'il n'en est pas conscient ….

La personne rejetée recherche la solitude. C'est comme si son existence était de trop. Elle croit qu'elle doit subir plein de choses désagréables, comme si elle n'avait pas le droit de riposter. Elle ne se sent pas assez aimable et se trouvera un endroit pour être seule. C'est donc une personne qui a très peu d'amis. Et comme on la considère comme solitaire, on la laisse seule.

Et, bien sûr, la personne qui souffre du rejet s'attire plus d'expériences de véritables rejets que les autres ….tant qu'elle n'est pas guérie.

Elle recherche sans cesse l'amour du parent du même sexe, soit avec son parent, soit en transférant sa quête vers d'autres personnes du même sexe qu'elle. Elle est alors très sensible à la moindre petite remarque venant de ce parent et se sent rejetée facilement. La souffrance est tellement forte qu'elle peut en arriver à la rancune, voire à la haine. Il faut beaucoup d'amour pour haïr ….C'est un grand amour qui se transforme en haine ...La blessure de la personne rejetée est tellement profonde que c'est la personne la plus encline à la haine. Elle peut passer facilement d'une phase de grand amour à une phase de grande haine. Cela indique sa grande souffrance intérieure.

Avec le parent du sexe opposé, ( ou le parent '' symbolique '' sur lequel elle a effectué un transfert) la personne rejetée a plutôt peur de le rejeter lui-même. Elle se retient donc dans ses actions ou ses paroles face à lui. Elle n'est pas elle-même à cause de sa blessure. Parce qu'elle ne veut pas être accusée de rejeter quelqu'un d'autre. Et si elle vit une expérience de rejet avec ce parent du sexe opposé, elle va s'accuser elle-même de cette situation et se rejeter encore plus en disant que c'est de sa faute à elle ….

Continuer de croire que ce qui arrive est de la faute des autres = ne pas laisser la blessure pouvoir être guérie = se sentir plus facilement rejetée par les personnes du même sexe et avoir peur de rejeter les personnes du sexe opposé et.... à force d'avoir peur de le faire, finir par le faire !

Plus la blessure du rejet est forte chez une personne, plus elle s'attire des circonstances pour être rejetée ou rejeter quelqu'un d'autre.

Plus la personne se rejette elle-même, plus elle a peur de se faire rejeter.

Plus elle a peur de se faire rejeter, plus elle se dévalorise. Il y a toujours mieux qu'elle, elle est donc moins bien que les autres. Elle a de la difficulté à croire que quelqu'un d'autre puisse la choisir comme amie, que les gens puissent l'aimer véritablement. Et quand elle est choisie, elle ne le croit pas et se rejette elle-même pour finir par saboter la situation...

La personne rejetée dit et pense que ce qu'elle dit ou fait n'a pas de valeur. Et lorsqu'elle a trop d'attention, elle perd ses moyens, a peur de prendre trop de place. Et si elle prend trop de place, elle croit déranger. Et être dérangeant signifie pour elle qu'elle sera rejetée par la ou les personnes qu'elle importune ou croit tracasser. Et ce sera ainsi tant que sa blessure ne sera pas guérie ….

La personne rejetée croit qu'être comprise = être aimée. Elle n'arrive pas à comprendre qu'aimer c'est accepter l'autre même si on le comprend pas.

Une autre caractéristique de la personne rejetée est de rechercher la perfection dans tout ce qu'elle fait, car elle croit que si elle fait une erreur elle sera jugée. Et être jugée = être rejetée pour elle. Comme elle ne croit pas à la perfection de son être, elle se reprend en essayant d'atteindre la perfection. Et confond l'être avec le faire.

La plus grande peur de la personne rejetée est la panique. Lorsqu'elle pense qu'elle pourra paniquer dans une situation, sa première réaction est de se sauver, se cacher ou … fuir. Elle préfère disparaître parce qu'elle sait que sinon elle va se figer sur place. Et elle croit qu'en fuyant, elle évitera le malheur. Vouloir disparaître est inné chez la personne rejetée. Il y a toutes sortes de bonnes raisons pour justifier les fuites chez la personne rejetée.

L'ego de la personne rejetée fait tout pour qu'elle ne voit pas ses blessures. Parce qu'elle a tellement peur de revivre la douleur associée à chaque blessure qu'elle évite par tous les moyens de s'avouer que si elle vit le rejet, c'est parce qu'elle se rejette elle-même.

La blessure du rejet affecte aussi la façon de communiquer. La personne a peur de ne pas être intéressante, d'être considérée comme nulle et sans valeur, d'être incomprise, que l'autre l'écoute par obligation ou par politesse. La blessure du rejet prend le dessus.

Cette blessure affecte aussi la façon de s'alimenter. La personne rejetée préfère de petites quantités et a souvent l'appétit coupé lorsqu'elle a peur ou vit des émotions intenses. Il y a un prédisposition à l'anorexie. L'anorexique se coupe en effet de la nourriture pour essayer de disparaître.... C'est une personne portée vers le sucre aussi. Elle peut souffrir d'arythmie. Le cancer se développe aussi souvent chez ce genre de personne, d'autant plus qu'elle s'accuse elle-même.

La personne rejetée ne s'est pas donnée le droit d'être enfant. Et elle ne donne pas le droit à l'enfant en elle d'avoir souffert. Elle a de la difficulté à laisser vivre son enfant intérieur.

Elle ressent aussi souvent de l’écœurement, une envie de vomir. C'est sa façon d'exprimer l'envie de rejeter quelqu'un ou quelque chose.

+ propension à l'étourdissement, à l'agoraphobie. Et plus grand risque de dépression …

La personne rejetée qui pense au suicide, au moment où elle sera décidée, n'en parlera pas et fera tout pour ne pas se manquer. Et elle se rate rarement …

La personne rejetée, comme beaucoup de personnes blessées a l'incapacité de se pardonner les blessures qu'elle se fait ou qu'elle fait aux autres. Plus la blessure du rejet est importante, plus la personne se rejette et rejette les autres et moins elle arrive à se pardonner. Elle ressent aussi souvent de la honte, d'autant plus grande que la blessure est importante.

être consciente des moments où on parle et fonctionne en réaction à la blessure du rejet, sous l'influence du rejet.

développer une compassion particulière pour les personnes souffrant du rejet afin de mieux comprendre leurs comportements réactifs.

 

La personne souffrant de rejet ne peut que SURVIVRE.

Le travail thérapeutique va consister à construire : J’EXISTE.

 

La blessure du rejet  - Partie 2 : guérir du rejet, par l'acceptation, l'amour et la grâce de Dieu.

(voir dans la catégorie dépression pour accéder à l'article)

 

 

 

 

 

 

Publié dans Dépression

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